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Dr.Waridel, qui êtes-vous? Pouvez-vous vous présenter?
Je m’appelle François Waridel, j’ai 43 ans, 4 enfants à la maison et je travaille dans le service d’ORL depuis 12 ans. Depuis 5 ans, je suis en charge avec le Dr.Cherpillod des questions audioligiques et des problèmes d’oreilles en particulier que présentent les enfants avec une fente labio-velo-palatine, en collaboration avec la Dresse Hohlfeld qui est la responsable de la consultation pluridisciplinaire des FLMP du CHUV. J’ai une activité au CHUV en tant que médecin associé pour tout ce qui concerne les problèmes liés à l’audition de l’enfant, et l’ORL pédiatrique en général. J’ai une consultation au CHUV et à l’hôpital de l’enfance pour les problèmes ORL qui peuvent se poser à l’hôpital et le reste de mon emploi se passe dans mon cabinet privé. J’y exerce ma spécialité. J’ai une consultation d’adultes et d’enfants.
Quel a été votre parcours professionnel?
Dans la formation ORL courante , il n’existe pas en Suisse de spécialité particulière pour l’ORL pédiatrique. Nous sommes formés en ORL pour tout ce qui touche l’ensemble de la population et c’est avec le temps que m’ait venu l’orientation pédiatrique.
En Suisse, cette spécificité n’est pas reconnue comme une discipline médicale spécialisée à l’instar de ce qu’il existe aux Etats-Unis où il y a une société médicale à part.
J’ai fait mes études à Lausanne, j’y ai obtenu mon diplôme. Ensuite, je me suis tout de suite intéressé à l’ORL grâce au Prof. Monnier qui a su motiver mon intérêt dans ce domaine-là. J’ai fait 2 ans de recherche à l’ISREC sur la biologie moléculaire du cancer ORL de l’adulte pour obtenir mon titre de Dr. en médecine.
J’ai ensuite une formation de spécialisation en ORL à Lausanne et à Fribourg avec une année de chirurgie plastique. J’ai fait un diplôme à Besançon sur la déficience auditive de l’enfant et ai visité plusieurs hôpitaux en France notamment à Paris à l’hôpital Trousseau, j’ai fait un stage dans le service du Prof. Gsrabédian, grand spécialiste de l`ORL chez les enfants.
Ensuite, j’ai été le chef de clinique au CHUV, puis depuis 5 ans, j’occupe un poste de Médecin cadre aux hospices cantonaux à temps partiel et travaille le reste du temps dans mon cabinet privé.
A quel moment intervenez-vous dans la vie des enfants porteurs de fentes et quels traitements ou interventions pratiquez-vous sur eux?
En premier lieu, je m’occupe des questions touchant toue les problèmes de l’oreille de l’enfant en tant qu’otologiste de la consultation pluridisciplinaire. Le bilan effectué lors de cette consultation doit être très complet et engage toute l’équipe traitante. Le volet otologique va s’intéresser à rechercher un dysfonctionnement tubaire, une déficience de la trompe d’eustache et également pour tester l’audition de l’enfant précocement. Par ailleurs, je pratique un examen complet de la sphère ORL chez ces enfants afin de détecter toutes les malformations de cette sphère. La fonction vélaire et palatine.
L’audition des enfants doit être testée très précocement car des malformations touchant cette fonction sont fréquemment vues lors de syndrome poly-malformatif. Avec le Dr,Cherpillod, nous avons mis en place un dépistage systématique de l’audition effectuée sut tous les enfants qui naissent à la maternité du CHUV selon un test simple. Il s’agit de ce qu’on appelle l’enregistrement des oto-émissions.
Par la suite, la Dresse Hohlfeld nous adresse les patients qu’elle suit et pendant les premières années, on surveille particulièrement la fonction de la trompe d’eustache à l’altération de la morphologie de cette membrane et également pour tester l’audition de ces enfants.
Le problème de la présence du liquide derrière le tympan est dû à la dysfonction du canal se trouvant entre le nez et l’arrière du voile du palais que l’on appelle la trompe d’eustache. Lorsqu’il existe une anomalie da la musculature du voile du palais, la trompe d’eustache s’ouvre moins bien ou reste béante, ce qui va empêcher le drainage et la bonne ventilation de l’oreille moyenne. Chez au moins un enfant sur deux, on rencontre ce genre d’anomalie qui disparaît avec la croissance entre 4 et 6 ans. Chez les enfants présentant une malformation de la face et du voile du palsis, le problème est beaucoup plus fréquent et dure nettement plus longtemps. Cela nécessite un suivi et des contrôles réguliers car la présence de ce liquide peut faire de gros dégâts qui passent inconnus à long terme et pouvant aboutir à des séquelles définitives sur l’audition.
Chez de nombreux enfants ayant une fente palatine, si l’otite sécrétoire persiste, nous devons mettre des drains transtympaniques petits tubes à cheval sur le tympan, pour que le liquide puisse se résorber et l’oreille moyenne se ventiler afin d’éviter les complications. Cette chirurgie permet la guérison de l’otite sécrétoire, mais n’est pas pour autant définitive. La pose des drains est une intervention simple et courte, mais qui nécessite une anesthésie générale car cette intervention est douloureuse.
Si les drains sont correctement surveillés par la suite, il n’y a pas de complication importante à redouter suite à cette chirurgie.
L’ablation des végétations chez les enfants sans fente palatine est une chose commune en cas d’otite sécrétoire, cependant chez les enfants ayant une fente palatine, cette indication est contre-indiquée car elle a peu d’efficacité et qu’elle risque surtout d’occasionner ou d’aggraver une insuffisance vélaire aboutissant à une rhinolalie, perte d’air par le nez lors de la phonation ou à des jetages de liquide ou d’aliments par le nez plus importants. Ces aérateurs transtympaniques restent en place plusieurs mois ou plusieurs années selon les cas. Suite à la pose des drains, il existe quelques menus inconvénients. L’enfant ne doit pas mettre la tête dans l’eau du bain à cause d’une part du savon qui permet à l’eau de traverser facilement les drains et qui amènerait dans ce cas une eau sale dans l’oreille moyenne et pourrait provoquer des inflammations ou plonger à plus d’un mètre dans une piscine.
Nous ne recommandons plus d’office le port de tampons auriculaires. Il n’existe pas de restriction pour la douche ou tout autre activité. S’il se présente une infection suite à une baignade, celle-ci se soigne la plupart du temps très bien avec un traitement local de gouttes auriculaires. Si ces infections récidives à chaque fois que l’enfant se baigne le port de bouchons sera alors prescrit.
Les enfants sont-ils collaborant?
En général, la collaboration des enfants témoigne de la confiance qu’ils ont avec le médecin, et de leurs antécédents. S’ils se sentent dans un environnement mon hostile, qu’ils ont été rassurés quant à l’absence de douleur ou de gestes invasifs qui peuvent se passer dans le cabinet, les enfants sont collaborant et la consultation se passe bien. Je pense qu’il faut avant tout avoir du plaisir à être en contact avec les enfants et prendre le temps nécessaire pour ces consultations. Cependant il existe des enfants ayants eus quelques traumatismes auparavant et l’examen ORL reste très difficile. Ces consultations avec des enfants prennent plus de temps que chez un adulte, mais elles sont pour ma part très enrichissantes et intéressantes. J’ai beaucoup de plaisir à soigner et à voir les enfants. J’ai un bon contact en général avec eux et ils me le rendent bien. Ils ont souvent une telle joie de vivre, une telle énergie que je prends grand plaisir à ce contact-là.
Jusqu’à quel âge ou quelle période du développement de l’enfant le suivez-vous?
Pour ma part, l’essentiel de mes interventions se fait surtout les 8 à 10 premières années de vie. Par la suite nous les voyons régulièrement grâce aux rencontres pluridisciplinaire du CHUV oû je refais un contrôle général de la sphère ORL à cette occasion. Les problèmes otologiques deviennent nettement plus rares après l’âge de 10 ans. Lors de cette consultation pluridisciplinaire, nous bénéficions d’un suivi à long terme de ces patients qui est très souvent gratifiant lorsque l’on peut les voir grandir et d’épanouir.
Avez-vous des projets pour la suite et quels sont-ils?
Le projet médical est d’améliorer toujours les soins que l’on peut apporter à ces enfants. Concernant les otites sécrétoires, il conviendrait de pouvoir faire des études qui permettent de mieux appréhender à quel moment on doit intervenir chez un enfant en essayant de comprendre et d’anticiper la survenue de l’otite sécrétoire et de pouvoir identifier les enfants qui vont présenter des récidives d’otite sécrétoire par un test simple. Cependant, pour l’instant, il n’existe pas encore de critère pronostic concernant l’otite sécrétoire, mais avec mon associé, le Dr.Cherpiood, nous faisons des études afin de cibler au mieux les patients pour anticiper les complications.

Dernière mise à jour: 21:04 12/11 2006
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